Dans tes yeux cette même lueur qui n'a pas changée. Il y a deux ans j'étais la seule à te soutenir, t'entraîner dans le groupe. J'en ai bavé, pour qu'ils t'acceptent, il y a eu des cris et des quelques coups. Je ne voulais pas te laisser de côté, je ne suis pas méchante dans le fond. Mais tu ne comprends pas que j'auraistrés bien pu te laisser tomber, ils ne t'appréciaient pas. Qu'importe, malgré tout je t'ai enfin intégrée. Mais tu vois, je t'ai dis que je t'en voulais pas d'avoir prévenue ma famille parce que je me mutiles (maintenant ils me voient avec des pansements, et ils ne peuvent rien dire). Mais je crois que je ne supporte toujours pas ton visage malgré que je t'ai affirmé le contraire.
Je suis désolée mais quand je regarde ton visage, quand je vois ton grand sourire et surtout tes yeux brillants, je ressens une telle...rage! De l'impuissance, du dégoût! Comment as tu pu me faire ça?! Briser ma confiance? Leur faire autant de mal?!! Je te déteste salope parce que c'est à cause de toi que tout a commencé et que tout c'est terminé. C'est à cause de toi qu'ils l'ont découvert. Pour ça, pour N. surtout, même si je sais trés bien que ce n'est pas toi, mais c'était à un jour d'intervalle et tu vois c'était vraiment trop.
Alors te voir aussi souvent, voir celle à cause de laquelle ma vie est devenu un enfer...ça me tue. Je t'aime bien, ne crois pas le contraire. Mais tu me dégoûtes. Pourquoi t'as pas fermé ta grande gueule?! Aujourd'hui encore, me dire "oh la la t'es toute maigre, arrêtes tes conneries!" et me toucher le ventre pour appuyer tes dires...Tu m'énerve, tu me gave, tu me soûle. Et en rajouter en te moquant de mes gestes parce que je me touche les cheveux et bougent continuellement...
J'ai changé, imbécile, évidemment que j'ai changé! C'est pire qu'avant, j'ai envie de te crier! J'ai envie de te frapper, te balancer dans l'escalier en te disant "tu savais! Tu savais ce que c'était et tu me l'as volé! Mais Elle ne t'aime pas, Toi, c'est pour ça que ça n'a pas marché!". Devant toi je ne dis rien, oui oui tout va bien et toi? Mais à l'intérieur je rêve qu'Elle vienne à cet instant même et me défende, et te balance dans le décor pour que tu comprennes enfin la vérité.
Tu es heureuse, amoureuse, tu as des amis, tu rigoles, tu te réveilles le matin tranquillement, tu manges comme tout le monde.
Je suis triste, déchirée, déprimée, dépossédée de mes droits, vide, il m'est interdit d'aimer parce que mon amour à moi fait mal aux yeux des autres, je n'ai pas la force ni l'envie de me faire de nouveaux amis parce que j'ai trop peur de souffrir, de toute façon je n'ai pas le droit d'avoir des amis parce que ça ne plaît pas à ma mère je l'ai bien compris(elle me dit que non mais j'ai eu la preuve), je pleure, le matin j'ai envie de mourir, je suis épuisée, je mange n'importe comment.
Tu ne sembles pas le voir, pas le comprendre. J'ai le droit de rejeter la faute du "clash", de la Maladie, de ma mise à mort sur ton dos. Mais ce serait juste méchant. Au lieu de ça j'ai une rancune au fond de moi pour toi, mon amie, mais j'en veux le plus à moi même parce que je sais que je n'aurais jamais dû te parler de ce que je me faisais. Je serais morte à ce jour, et je te jure que si ça m'empêcherait de ressentir toute cette merde et bien j'en serais ravie! Je serais morte, de Ses mains ou des miennes, j'attendais le moment où mon squelette fragile ne supporterait plus tous ces chocs. Je voulais qu'elle me tue dans la joie. Je voulais crever grâce à Elle. Mais vous me l'avez enlevée. Alors, après tous ces frissons, toutes ces choses vécues à fond, tous ces regards de dingue, tous ces cris, toutes ces blessures, toutes ces paroles, toutes ces situations...Je me sens plus vide que jamais. Abandonnée, totalement abandonnée. C'est une telle injustice quand je vois ceux autour de moi, que j'ai juste envie de me planter mon compas dans les doigts. Je n'ai droit à rien. Tout ce que je peux faire c'est me blesser moi même, patienter pour que les plaies cicatrises et ensuite couper par dessus et ça recommence. Patienter pour que le corps se mette à moisir de l'intérieur, dépérisse, lentement mais sûrement, entre en état de dénutrition et tombe en poussière dans un dernier soupir.
Je me hais parce que je ne peux pas hair les autres autant que moi même. Toutes les blessures de la vie sont visibles sur ma peau, J'aspire les horreurs du dehors, accumule durant des jours, des semaines, des mois, des années...Jusqu'à ce que la douleur soit trop forte, le poids trop lourd. Et alors je craque.
Cela fait trois ans que j'ai commencé à me débarrasser de ma douleur comme ça. Peut être que c'était trop lourd, c'est pour ça aussi que l'anorexie est arrivée. Il y aura quoi après? La drogue? Franchement déjà que je m'étais fait une réserve (maintenant épuisée) d'anxyolitiques et sommifères pour me balancer dans un petit délire sympa de temps en temps, ça me tante presque. Mais bon, n'y songeons pas pour l'instant. J'ai bien sûr pensé à d'autres choses horrible...Bref.
Je n'ai plus envie d'en parler, de cette amie qui m'a trahie- sauvée, de la maladie, de toutes ces conneries...J'en ai marre. J'ai trop mal au poignet et ça m'énerve. L'autre recommence à me dire que je maigris alors que je sais que c'est faut, j'ai envie de la claquer parce que je sais qu'elle dit ça juste pour me faire plaisir et se foutre de ma gueule! Déjà que Lundi j'ai sport, je vais sûrement me prendre des remarques alors j'ai pas envie qu'elle s'y remette!!...C'est le week end, enfin.