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J'ai 26 ans. Victime de viol à 14 ans, j'ai souffert d'anorexie mentale pendant 6 ans. Je me mutilais quasi quotidiennement. J'ai fais trois tentatives de suicide...Je suis guérie depuis trois ans. Ce blog est mon exutoire. Certaines photos peuvent choquer.Si vous vous reconnaissez dans certains de mes propos, je suis heureuse de pouvoir vous apporter un peu d'aide et de réconfort.

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Résonnance

J'entends le silence dans leur propos. Taisez vous, cela serait tellement mieux. Ils résonnent autour de moi mais mon âme reste vide. Plus rien. Je ne suis qu'un fantôme dont la lueur dorée translucide qui l'entoure leur fait mal aux yeux. Oh sortez moi de cette peine, ne laissez pas ma main guider la lame qui tranchera de nouveau ma peau...Je ne pleure pas, soupir. Monte les marches, les étages se succèdent et le souffle me manque. Fatiguée? Recommence. Traverse les couloirs, apprend le toucher du sol comme si je ne faisais qu'un avec lui. Marche, encore et toujours, parcours une fois, deux fois, trois fois le lycée en entier. Évite de repasser au même endroit, prend les escaliers de secours, tourne ici et là, ne t'arrêtes pas.

Je me sens si seule et vide dans cet endroit. Je n'ai plus faim.

Un manque immense me détruie. Pourquoi est- ce aussi important que ça? Je ne savais pas que c'était réel. Partie. Pas là. Reviendra pas. Je bas l'air des mains, oh non c'est tellement vide! Je n'entends plus le son de sa voix m'appeler, je ne la voie plus se diriger vers moi, le sourire aux lèvres et les yeux illuminés...
Elle n'est pas là où je me trouve, elle est autre part et m'a oubliée. Je ne me sens pas bien ici, je connais maintenant mais je me sens étrangère. Il n'y a rien dans cet endroit. Les gens autour de moi ne sont rien.
Seule censée en ce lieu, je me sens éternelle mais tellement faible. Je suis cinglée. Brisée, déchirée après avoir été sauvée. Regarde dans mes yeux l'horreur qui y coule et tu ne pourras que t'en mordre les doigts. Tu ne peux plus rien pour moi, qui que tu sois, je suis morte il y a longtemps et l'on ouvre de nouveau la plaie infectée qui n'avait pas finit de cicatriser. Je voudrai juste qu'ils se taisent, ils parlent dans le vide. Laissez moi seule mais ne m'abandonnez pas. Je ne veux pas de vous, je refuse cela. Je ne veux plus jamais souffrir comme ça.
Vous, vous avez tout brisé, et vous vous n'êtes rien. Comme le vent, mais il faut bien continuer de faire semblant vous ne trouvez pas? Ris, mais je crois que mes yeux sont trop mort pour suivre.
J'ai trop vécue, j'ai trop vue, trop entendue, trop ressentit. Si l'on veut m'atteindre il faut y aller de plus en plus fort. Frappes moi vas y défoules toi je n'en ai rien à foutre de la douleur, balance moi dans le décor et je serais vivante!! Mon dieu arrêtez de parler, agissez! J'y ai pris goût et je sais que c'est mauvais. Mais rien ne me sauve de ce tourbillon. Aspire moi, toi qui sais que j'en veux toujours plus, désintègre moi de cette surface. Quand ils parlent je suis tellement frustrée, j'ai envie de tout casser. Je me retiens de monter sur la table et me jeter par la fenêtre ouverte. La tentation est tellement forte...Mon attention se rapporte sur le livre posé devant moi, le crayon dans ma main. J'en tremble de rage. Je crois que je suis bonne pour l'asile, je suis en train de devenir complètement folle...Je ne peux rien faire, pourquoi c'est interdit de se faire du mal? Je trouve qu'avoir mal ça fait du bien. Ça réveille, ça excite. Seulement quand c'est les autres qui décident, qui ont le pouvoir. Mais pas sexuellement parlant, ne vous méprenez pas. Je m'en fous de ça, ça n'existe pas. Ils ne parlent que de ça mais je ne vois pas comme ça...Il ya tout un jeux de regards, un sourire limite pervers qui brille en son accord. Le signal. Acquiesce dans les yeux. Faire confiance et garder peur. C'est grisant. ...Mais moi je n'ai plus ça, et c'est tellement vide maintenant! Rien autour, rien dedans. Je les déteste tellement d'être normaux. Pourquoi il n'y a personne comme moi ici? On c'était trouvées, parfois ils devaient nous séparer. Mais ces merdes avaient beaux nous dire qu'on y allait trop fort, ils ont gardé le silence devant celui qui voulait la véracité des faits. Et après, alors qu'ils ont dit "mais non il n'y a rien de violent entre elles", ils osent me demander "mais comment ils l'ont su??". Et moi qui finissait par me persuader que c'étaient eux qui avaient raison et qu'il "ne se passait rien", alors que tout de suite après ils m'apportent la preuve sur un plateau que ce ne sont que des menteurs. Je comprends bien qu'ils ont voulu la protéger, je suis même d'accord avec ce souhait. Mais je ne m'attendais pas à un tel mensonge, après c'est moi qui passe pous la dingue! Ouais c'est vraie mais pas pour ça.
Vous voyez, ça c'est passé il y a un an et demi et pourtant tout me semble si proche...Souvent je revis tout, j'entends tout, je vois tout comme si ça se passait à l'instant même, et là j'étouffe et la seule chose qui me soulage c'est de faire couler mon sang. De plus en plus profond. De plus en plus violent. Comme avec...Pff il y a une chose qui me fait sourire c'est quand j'ai d'un coup trés mal dans les côtes, là je me dit qu'elle pense à moi. Parce que j'avais tellement mal "avec elle" que j'avais peur qu'elle ne me casse une côte. J'aime tant sa présence parce que sinon je n'ai rien. Avec elle je me sentais soutenue et moins seule, maintenant je n'ai rien.
Qu'importe si elle lit ceci, je suis telle que je suis et j'emmerde tous ceux qui ne savent que juger sans avoir vécue. 
Nous ne sommes que des esprit hantés enfermés dans une membrane corporelle. Tissus, vaisseaux, cellules. Pour vivre, un être vivant doit...se nourrir. Laisse moi rire. Tout cela n'est rien, un jour j'en sortirais. Libre, je m'envolerais. Disparaîtrais. ...Mourrais.
Aujourd'hui ça allait mieux socialement cet aprés-midi, même si je me suis enfuis du lycée ce midi, téléphoné à ma mère pour qu'elle vienne me chercher. En attendant je restais une demi heure dehors sur le trottoir à combattre le froid et éviter les groupes de mecs qui passaient bruyamment. Je n'arrêtais pas de marcher.
Vous savez, je crois que si je continue d'avoir envie de me jeter par la fenêtre même quand je suis en cours, je vais finir par appeler un numéro que j'ai dans le répertoire de mon portable et que j'ai nommé "SOS". Parce que je me fais peur à moi même, parce que je me sens prisonnière et en danger de moi même. Je crois que je deviens folle. J'ai peur de devenir folle. J'ai pas envie de faire ça, me tuer sur un coup de tête. J'ai pas envie de les faire souffrir. Alors il faut que je tienne. Pas pour moi, mais pour eux. Pour eux...

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