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J'ai 26 ans. Victime de viol à 14 ans, j'ai souffert d'anorexie mentale pendant 6 ans. Je me mutilais quasi quotidiennement. J'ai fais trois tentatives de suicide...Je suis guérie depuis trois ans. Ce blog est mon exutoire. Certaines photos peuvent choquer.Si vous vous reconnaissez dans certains de mes propos, je suis heureuse de pouvoir vous apporter un peu d'aide et de réconfort.

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Dad, mum...

Il vient juste de se lever et il crée déjà des problèmes. C'est chiant, tous les week end c'est la même chose. Il arrive avec ses sacs de problèmes, sa tête qui donne juste envie de le claquer, ses négations répétées "non non non!". Il ne veut rien faire, il n'aide pas ma mère pour arranger la maison. Il faut toujours qu'il y ai des cris, alors il est content et il le fait enfin. Fatiguant. Surtout pour le moral. Toute cette tension quand il est là...Heureusement que ce n'est que deux jours par semaine! Et encore: c'est trop.
Déjà que tout le monde est stressé dans la semaine, le week end, qui est censé être le moment de "repos" après une semaine de travail, est redouté.
Bien sûr, on me met tout sur le dos. Ah si je n'étais pas comme ça, ça irait bien mieux! Je suis d'accord avec vous, n'en doutez pas, mais voyez vous je n'ai pas demandé à être comme ça. Sinon je vous l'aurais montré quand tout a commencé, croyez moi! Si j'aurais voulu tout gâcher, vous donner cette souffrance que je vous ai caché, je ne me serais pas tue, je vous aurais fait du mal dès le début!
Mais non, j'ai tout gardé pour moi. Je voulais croire que je m'en sortirais toute seule, que vous n'auriez pas besoin de savoir. Que vous n'auriez pas besoin de souffrir.
Tu sais, maman, je m'excuse de ce que je suis devenue. Cette boule de haine, ce corps mutilé et sans âme. Cette personne qui s'en fiche de la souffrance des autres, cette personne qui...a essayée de te tuer. Comme papa, bien que je ne m'en excuse pas. Tu sais, le pire c'est que quand je me suis retrouvé avec ce couteau à quelques centimètres de ton coeur, je voulais que tu meurs. Pas pour que tu meurs,maman, pas toi. Mais quand j'avais le couteau en main et que je t'ai sauté dessus, plus rien n'existait. Tu n'étais plus ma mère, tu étais le mal humanisé. Tu étais ma douleur à portée de main, tu étais là, saloperie d'accumulation de toutes ces années, de toutes ces horreurs! Heureusement que j'étais trop faible physiquement pour avoir le dessus sur toi et t'ôter la vie. Je me souviens que je hurlais, je ne sais pas ce que je criais, mais je me souviens d'avoir vue comme tout en rouge, comme du sang...C'était toute ma haine que je déversais sur toi, parce que tu étais là, parce que je croyais que tu me voulais du mal en me disant que j'aurais dû en parler, ne pas faire cela avec cette fille, ne pas te critiquer, ne plus arrêter de manger...
C'est comme quand je me suis éclatée la tête contre le mur parce que j'en pouvais plus de tout ce que tu me disais! Tu étais là et tu m'as vue céder à la folie. Après je saignais mais tu ne l'a pas vue, parce que je m'étais cachée. J'ai gardé pendant des jours mes cheveux devant mes yeux, je les laissais tomber sur mon visage pour cacher la marque... 
Je t'en voulais tellement...Toutes ces horreurs que tu m'as dites! Je te faisais du mal parce que tu m'en avais fait, alors tu craquais. En larmes dans la voiture pour m'emmener au lycée, tu m'as sortie "tu n'es plus ma fille! Je n'ai plus toi comme fille. Je m'en fiche des conséquences, je te le dis: tu n'es plus ma fille, tu es une étrangère pour moi". Je suis entrée au lycée comme un zombie, la démarche lente et la tête basse. J'ai éclaté en sanglots dans les bras d'Anne- So., je ne tenais plus, je n'en pouvais plus. J'ai envisagé un plan macabre et je suis partie l'exécuter mais ils m'ont courus après, m'ont rattrapée et empêchée.
Tu m'as frappée aussi, maman, même si tu dis que non. Je m'en souviens: j'étais assise dans le fauteuil, tu es arrivée et m'as sautéedessus! Tu m'as attrapée par les bras et emmenée avec toi, puis tu me rebalançais contre le fauteuil et...ma soeur a finit par réagir. Tu es une personne impulsive, mais peut être que ce jour là tu voulais aussi me tuer? Si tu veux que je meurs, dis le moi et je disparaîtrais. Fugue. Suicide. Je m'en fiche de ce que ce serait, je disparaîtrais de ta vie maman, tu n'as qu'à demander!
En faite, je crois que tu es trop forte. Tu es tout simplement trop. Gentille, évidement que tu l'es! Même plus que ça! Mais...tu es forte. Je ne sais pas comment l'expliquer. Tu prends beaucoup de place, j'ai peur de te contrarier parce que...Oh tu ne t'en prendras pas encore physiquement à moi, non tu montreras ta colère autrement. Je ne sais pas comment l'expliquer.
Je ne te veux aucun mal quand je dis ça, maman. J'essaie juste de savoir pourquoi je vais si mal. Ce n'est pas de ta faute, il n'y a aucun doutes! Tu es devenue comme ça parce que je t'en ai fais voir de toutes les couleurs, et les plus sombres...
Je m'excuse d'avoir essayé de te tuer.
Papa, toi tu sais pourquoi j'ai tenté de te tuer, donc je n'ai rien à te dire. Peut être juste que si ma soeur ne m'avait pas retenueavec ma mère (j'étais plus forte physiquement à l'époque), j'aurais réussie à me venger de ce que tu m'as fais. Justement tu n'as rien fait. Je ne te pardonnerais jamais. Ce n'est pas le rôle d'un père de rester de marbre devant l'horreur que vis sa propre fille. Lâche. Tu n'es qu'un lâche, tu n'es rien, tu es inutile! Ah, quand j'étais en train de crever parce que je ne bouffais plus, tu as commencé à t'inquiéter, hein?! Il fallait que même ma grand mère vienne à mon chevet pour que je la vois une dernière fois, que le docteur se ramène à la maison et m'ordonne de faire une prise de sang le plus vite possible...pour que tu te rendes compte que tu étais en train de me perdre. J'étais en train de mourir. Je voulais juste que tu me vois, que tu me dises quelque chose de sincère!...
Je crois que comme le moment est passé, comme je ne suis plus au bord de la mort, tu t'en fiches. Tu as certainement oublié, même. Merde. C'est long de maigrir, dans un mois si je m'y remet j'aurais sûrement perdue la moitié de ce que j'ai repris, voire plus.
Je ne sais pas quoi faire...Quand j'aurais repris les cours, la "vrai vie", je saurais si je suis assez forte pour me remettre à vivre ou si L. sera ma béquille. J'ai peur.
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