J'ai 26 ans. Victime de viol à 14 ans, j'ai souffert d'anorexie mentale pendant 6 ans. Je me mutilais quasi quotidiennement. J'ai fais trois tentatives de suicide...Je suis guérie depuis trois ans. Ce blog est mon exutoire. Certaines photos peuvent choquer.Si vous vous reconnaissez dans certains de mes propos, je suis heureuse de pouvoir vous apporter un peu d'aide et de réconfort.
Trop de pression et je suis seule à me battre. Je ne suis qu'une boule de rage qui se déplace silencieusement. Moi je ne cris que très rarement, je trouve qu'utiliser sa voix pour hurler des menaces est une preuve de lâcheté. Les actes sont des preuves, les actes sont réels. C'est comme les paroles qui ne sont que des paroles par rapport aux actions. Bien évidement je ne suis pas une grosse brute, je ne frappe personne, je ne hurle sur personne. Oui, comme tout le monde où presque je cris un peu, j'ai envie de casser des objets mais je me retiens...Je ne touche personne, je n'évacue pas ma colère sur les autres. C'est vers moi même que je me tourne. Si je profère des menaces, c'est seulement sur ma personne; je menace de me suicider.
Après les larmes coulent toutes seules. Puis je m'isole et, pour ne pas m'éclater la tête sur un mur, je la prends de mes mains et j'hurle silencieusement. Le sang bats à mes tempes, je suis prisonnière de ma haine. Alors j'ouvre le tiroir de mon bureau, j'attrape tout au fond un paquet de mouchoir, j'en extrait ma lame de rasoir, je la pose sur ma peau, toujours le poignet gauche si ce n'est le bassin où les doigts, j'appuie et je me concentre sur la douleur mentale jusqu'à ce qu'elle soit si forte qu'elle remplie entièrement mon esprit. Quand je me retrouve seule avec ma douleur, ma colère, mon chagrin, ma haine, mon dégoût...je fais glisser la lame vers la droite, d'un geste vif, alors qu'elle est tellement appuyée sur le poignet qu'elle s'y enfonce.
Si j'ai trop appuyé alors je ressens une légère brûlure, sinon je ne ressens rien. La douleur peut être inexistante si mentalement j'ai trop mal.
Le sang se m'ait à emplir la plaie et s'en échappe. Il y en a pas-mal: la couleur rouge est tellement concentrée qu'elle se fait noire.
Soudain mon souffle se libère, je me sens apaisée, soulagée. C'est comme un souffle nouveau qui envahit mes poumons et tout mon être. Je suis libérée d'un poids immense, je n'ai plus de douleur...
Je regarde mon propre sang s'échapper de mon corps, emportant avec lui ma douleur. Mon sang dans la paume de ma main, sur mes doigts...
Puis quand il s'arrête enfin, environ 15 à 20 minutes, et qu'il sèche sur ma peau, je commence à nettoyer. Des mouchoirs et de l'eau, et je frotte jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Sauf bien sûr la plaie sanglante.
Cela fait deux ans et demi que je fais ça, c'est mon seul échappatoire, la seule chose qui me libère.