J'ai 26 ans. Victime de viol à 14 ans, j'ai souffert d'anorexie mentale pendant 6 ans. Je me mutilais quasi quotidiennement. J'ai fais trois tentatives de suicide...Je suis guérie depuis trois ans. Ce blog est mon exutoire. Certaines photos peuvent choquer.Si vous vous reconnaissez dans certains de mes propos, je suis heureuse de pouvoir vous apporter un peu d'aide et de réconfort.
Je viens de me rendre compte de la superficialité, de l'aveuglement de certaines personnes. Je ris de leur conneries. Intérieurement, il en va de sois. Je ne suis pas mal polie, je n'insulte pas, je ne frappe pas, je ne critique pas. Je souris, je ris, je fais comme si je m'intéressais, je donne la réplique. Et tout le monde n'y voit que du feu. Et tout le monde est content.
Le plus drôle c'est cette fille, ma chère camarade de classe, avec laquelle je traîne. Elle me prend pour une pauvre petite timide, idiote certainement, qui ne fait rien de sa vie et n'a donc rien à raconter. Sympa, n'est ce pas? Oh elle doit bien m'apprécier quelque part, sinon elle ne me garderait pas une place à côté d'elle en cours. Mais quoi? Hum...Pas si difficile à trouver: je l'écoute. C'est tout ce que je fais. Je l'écoute parler, me raconter ses histoires de coeur sans intérêt, et je commente ou approuve. Vous me trouvez sans coeur? Peut être que oui.
Mais ce qui me tripe c'est que personne ne voit rien.C'est tellement triste au fond, tellement écoeurant qu'autant en rire, je me dis. Tu peux crever devant leur yeux, ils ne te verront pas. Ce qu'il faut aux gens c'est une preuve de mal-être. Que tu pleures, que tu dises que tu ne vas pas bien, ça leur fait un 'tilt' dans leur tête et c'est bon ils ont compris, ils t'aident parfois.
Mais c'est sûrement de ma faute, je ne pleure pas, je ne raconte rien, je ne dis pas à quel point je vais mal. Je n'envoies aucuns signaux. Et puis, à quoi bon? Pour récolter quoi? De la pitié, du dégoût, de la peur, de la colère...de l'indifférence? J'ai trop donné de ma souffrance personnelle aux autres, maintenant je me tais.
Ce que je voudrai vraiment c'est revoir un psy. Mais rien que de le dire ça créerait des problèmes. Alors là non plus je ne dis rien. C'est pesant le silence. Quand je me jugerai assez maigre pour le mériter je demanderais de l'aide. Juré.