Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

J'ai 26 ans. Victime de viol à 14 ans, j'ai souffert d'anorexie mentale pendant 6 ans. Je me mutilais quasi quotidiennement. J'ai fais trois tentatives de suicide...Je suis guérie depuis trois ans. Ce blog est mon exutoire. Certaines photos peuvent choquer.Si vous vous reconnaissez dans certains de mes propos, je suis heureuse de pouvoir vous apporter un peu d'aide et de réconfort.

Publicité

ça va trés mal

Je n'ai pas dormis de la nuit. Je n'arrêtais pas de penser c'était l'horreur. Je me sentais vide à un point inimaginable, je regrettais des tas de choses, je me sentais seule, je pensais ne plus jamais rien ressentir d'aussi fort qu'avec N., ne plus jamais la revoir...Je revivais des tas de moments en même temps, des images, des paroles me revenaient à l'esprit sans que je puisse les stopper...J'ai fais une énorme crise d'angoisse. Je me suis mise à suffoquer, je tremblais violemment. Je me suis levé précipitamment et ai couruouvrir un tiroir, j'ai mis au sol un mouchoir déplié sur une feuille de papier (pour ne pas que ça transperce), au bord de l'évanouissement j'ai été prendre ma lame, je me suis écroulée au sol, suffocante, j'ai posé la lame sur mon poignet, fortement appuyé et sans me rendre compte de ce que je faisais j'ai tranché ma peau avec une telle violence que le sang a directement giclé de la plaie dont je n'ai pu remarquer qu'après la profondeur...J'étais en larmes, ma main tremblait tellement qu'elle a lâché la lame qui est tombée au sol en un bruit métallique. De l'autre côté le sang coulait sans s'arrêter. Je n'ai jamais autant tremblé de ma vie...
Je m'en voulais tellement de ne pas avoir réussie à lui dire en face que je suis désolée! Mais elle le sait, elle le sait! Elle...Et la revoir l'autre soir ça m'a déchiré le coeur. Je n'ai plus rien, plus personne. Je suis seule, abandonnée, déchirée de l'intérieur. Vide. Perdue. Je me sens dévastée. Je viens de me rendre compte que c'était finit. Elle n'est plus là, il n'y a plus personne. Je ne la vois pas dans ce lycée, j'ai beau voir les autres élèves et des amies que j'ai connue cela fait deux ans, il n'y a plus celle qui m'a rendue vie. Je trouve que sans elle il y a un gros manque. Je trouve que sans elle rien ne ce passe. C'est vide, c'est triste. Il n'y a rien, son esprit ne plane pas dans ce bâtiment. Il n'y a que des groupes de petites pétasses, de gros frimeurs...Je les trouve pathétiques. Je ne veux pas aller avec ces imbéciles. J'essais de m'acclimater, je tente de me forcer à parler, rire, sourire...Mais ça ne le fait pas. Il y a un mur entre "eux" et moi. Trop jeunes, hein? Peut être bien, oui. Ils ont quoi, 16-17 ans? J'en ai 18 on peut dire que c'est pareil mais non. Je ne me sens pas supérieure, ça non, je me déteste trop pour ça. Mais j'ai l'impression que nous ne sommes pas du même monde. Je peux dire que je me sens plus mature qu'eux, mais d'une autre façon ce n'est pas le cas. Anorexie, automutilation...désolée mais ce n'est pas une preuve de maturité. J'ai changé, je le sens. Ces symptômes ne sont que des symptômes, je le sais bien...Je vais mal, je ne sais pas quoi faire pour aller mieux. Je me suis retenue d'appeler à l'aide ma mère ce matin. Je n'en pouvais plus. Mon dieu ci c'est comme ça toutes les nuits, si les matins ne sont pas mieux je ne sais pas combien de temps je vais tenir comme ça. 
Je viens donc de me rendre compte du changement. Elle n'est plus là, je me sens seule, pas soutenue, déprimée, isolée, incomprise. Oh je suis sûre que ça ne lui fait pas ça. Ça ne doit rien lui faire, même pas une pointe de douleur au coeur. Mais moi ça me brise. Peut être que je l'idéalise, sûrement même. Mais elle m'aidait à me lever le matin pour aller en cours, elle était mon soutient, ma force. Elle n'est plus là. Ce choc m'a fait faire cette stupide chose qui m'a réellement blessée. J'ai trés mal maintenant. La douleur me tient éveillée, au moins je peux me concentrer sur les discours des profs. J'y suis allée trop fort, la peau est écartée d'au moins 5 millimètres, on voit les vaisseaux "ronds" bleus et la chaire blanche, il y a du rouge aussi bien sûr. C'est moche. J'ai peur que ça s'infecte. C'est trop profond, je ne sais pas combien de temps ça va mettre pour se refermer...Et si ça se remet à saigner? Je ne veux pas en arriver à ce qu'on doit me recoudre! C'est trop horrible, je suis obligée de mettre un pansement et désinfecter souvent.
En plus en ce moment je rechute dans ces saloperiesde TCA. Je n'ai même plus faim, je mâche-crache, je planque ce qu'on me donne et le jette plus tard. J'ai tellement peur d'avaler que je reste à côté de la poubelle et crâche ce que je n'ai pu que mâcher, après je bois, des verres et des verres, puis je vais me laver les dents (jusqu'à cinq fois par jour), et le malaise arrive: j'ai trés chaud, mal partout et la nausée. La tête qui tourne bien sûr. Et je suis énervée, après il ne faut pas me parler parce que j'envois bouler tout le monde.
Aujourd'hui j'ai été contente de revoir trois amies perdues de vue. Certaines étaient choquées. Je souriais, j'arrivais à leur sourire et parler, même rire! C'est parce que je les connaient, elles savent que je vais mal. Mais quand elles me disent "ça va?" avec leurs yeux limite angoissés après l'état dans lequel elles m'ont vues...je répond avec un grand sourire "oui!". Alors que cette nuit a été un vrai calvaire et ce matin je me retenais encore de pleurer. Pour ne faire souffrir personne, pour que personne ne s'inquiète. Désolée. Mais avec elles je n'ai pas besoin de me forcer, je me sens bien instantanément. Je crois que je suis fatiguée et pas prète à me faire de "nouveaux amis". Je n'en ai même pas envie. Dégoûtée, je le suis tout simplement. Mais à un point incroyable.
Demain je ne sais même pas avec qui je vais manger. C'est un peu énervant, mais en faite je crois que comme ça je vais expédier vite fait ce moment et partir à la découverte de mon nouveau lycée. Je n'ai même pas encore visité, alors...
Vous savez, je me sentais dans un tel état ce matin après cette nuit blanche que je me disais que ma psy avait raison en me disant qu'on devrait me mettre dans la maison de Solenn...Je sens que je suis en train de me tuer, je sens que je vais de plus en plus mal et ça devient dangereux je m'en rends compte. Il faudrai que je vois un docteur pour s'occuper de mes plaies, un docteur pour m'empêcher de sombrer dans la folie des TCA, un psy pour m'aider...Je ne peux parler à personne et quand je le veux ma voix reste bloquée dans ma gorge. Le son ne sort pas. Je n'ai qu'ici comme exutoire. Je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas comment faire pour arrêter ça!! Je vais mal, j'ai besoin d'aide et pourtant je garde le silence. Mon dieu comment je fais pour rester là dedans et ne rien dire?...J'ai besoin de dormir, je suis fatiguée. Envie de vomir et fatiguée. Mais il faut tenir, hein. Toujours tenir, ne jamais parler. Je m'étais promis de ne plus parler, je tiens le silence. A chaque fois c'était pire. Mais si cette fois je ne parle pas...qui sait ce que je pourrai me faire? J'ai peur, je sens que ma propre sécurité est altérée. Je me rends compte que je suis dangereuse pour moi même et c'est effrayant.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article