J'ai 26 ans. Victime de viol à 14 ans, j'ai souffert d'anorexie mentale pendant 6 ans. Je me mutilais quasi quotidiennement. J'ai fais trois tentatives de suicide...Je suis guérie depuis trois ans. Ce blog est mon exutoire. Certaines photos peuvent choquer.Si vous vous reconnaissez dans certains de mes propos, je suis heureuse de pouvoir vous apporter un peu d'aide et de réconfort.
C'est comme si je n'étais plus dans mon corps, je ne suis qu'esprit. Un tourbillon de souvenirs incessant. Je me dirige vers le tiroir et l'ouvre d'un geste trop souvent répété. Je ne me rend pas compte de ce que je fais. J'ai l'impression d'être dans un rêve ou un cauchemar. Je sais que je suis réveillée, que je viens de me lever de mon lit comme une automate. AI- je pris trop de calmants? Pourquoi suis je perdue dans ce tourbillon de pensées qui pourtant ne sont pas mauvaises? Pourquoi les moments merveilleux m'étouffent et me pèsent maintenant que tout est finit?...Je plaque la lame contre la peau de mon poignet, j'essaie de faire le vide dans mon esprit mais il y a tellement de choses, tellement de souvenirs que je n'arrive plus à bouger ni à respirer. J'étouffe dans ma tête. Tout me reviens comme une claque au visage. J'ai l'impression que je vais mourir, ma tête va exploser...J'ai les yeux fermés mais j'ai l'impression d'être en plein jour. D'un geste vif je fais coulisser la lame sur la droite, elle tranche ma peau et je ressens une vive et brève brûlure. Cette douleur me libère instantanément, je respire enfin un nouvel air. Je me sens libre. Je souris tellement je me sens bien...Je n'ose pas ouvrir les yeux, j'oublie tout du présent dans lequel j'ai tranché le passé. Plus rien n'existe seulement la sensation de bien être écrasante. Puis je sens un liquide chaud couler sur ma peau, et le "plic plic plic" résonne à mes oreilles. J'ouvre les yeux et regarde ce que je viens de faire, je regarde le sang couler le long de mon bras et s'écraser sur le sol en grosses gouttes écarlates. Je n'ai pas envie de l'arrêter maintenant, je me sens bien quand il coule. Je reste donc là, à la frontière du passé et du présent, à regarder mon propre sang s'échapper de moi sans que je ne l'en empêche. Je me sens en sécurité, je contrôle quelque chose, je me sens forte et capable de supporter la journée de demain...jusqu'à la prochaine.