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J'ai 26 ans. Victime de viol à 14 ans, j'ai souffert d'anorexie mentale pendant 6 ans. Je me mutilais quasi quotidiennement. J'ai fais trois tentatives de suicide...Je suis guérie depuis trois ans. Ce blog est mon exutoire. Certaines photos peuvent choquer.Si vous vous reconnaissez dans certains de mes propos, je suis heureuse de pouvoir vous apporter un peu d'aide et de réconfort.

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Nuit cauchemardesque

La nuit je ne dors pas beaucoup, entre 2 et 5H, alors je suis contente d'arriver parfois à 7H de sommeil. Je n'arrive pas à dormir parce que je réfléchis trop, je pense tout le temps; je n'ai jamais de repos. Quand j'arrive enfin à m'endormir ce n'est que cauchemars, et je me réveille en sursaut en sueur dans mon lit. Je reste donc des heures allongée dans toutes les positions possibles à attendre le sommeil qui ne vient pas. A force j'ai finis par avoir peur de fermer les yeux. Quand je les ferment les images m'attaquent alors ma respirations devient saccadée, j'ai des frissons de terreur qui font que ma tête se balance d'un côté à l'autre presque inconsciemment, je tremble...c'est insupportable.
Cette nuit a été particulièrement difficile parce que j'ai vraiment déconnée...Il était 2H passée quand je me suis mise à me mutiler. Je trouvais que ce n'était "pas assez", ça ne saignait pas beaucoup. J'avais eu une sale journée, je savais d'avance que je n'arriverai pas à dormir avant des heures, comme d'habitude, j'étais fatiguée de toutes ces nuits de plus en plus courtes, j'avais des regrets et de la haine qui remontaient, des flashes qui m'aveuglaient de l'intérieur...En clair ça n'allait vraiment pas.
J'avais juste besoin de repos. Il fallait que j'évacue toute ma rancoeur, je m'en suis prise une fois de plus à mon corps. Je voulais atteindre les veines, je voulais voir mon sang couler, c'était tout ce qui comptait. J'y suis allée fort, tellement que j'ai finis par sentir quelque chose. Mais je n'abandonnais pas, dans ma tête ça résonnait "ce n'est pas assez, ce n'est pas assez, tu n'es même pas capable de te faire vraiment du mal, tu ne sais rien faire même pas te tuer!"...Le sang a envahit la plaie et c'est mit à couler sur mon avant bras alors que la lame continuait de déchiqueter la peau, plus profond, toujours plus profond...Puis j'ai jugée que c'était assez. J'ai fermé les yeux et ai poussé un long soupir. Soulagement. Quand j'ai rouverts les yeux j'ai observé ce que je venais de faire, ça m'a surprise: il y avait pas mal de sang, beaucoup plus que d'habitude. Je ne me suis pas inquiétée, j'ai commencé à nettoyer. C'est là que je me suis rendue compte que le sang continuait à couler beaucoup trop le long de mon bras. Il y en avait sur ma jambe aussi, et sur le sol, sur les draps...
J'ai commencé à prendre peur parce que j'avais beau utiliser mouchoirs après mouchoirs, ça continuait de couler! Ça ne se passait pas comme d'habitude, il y avait un problème. Ma tête s'est mise à tourner...Je n'arrivais pas à arrêter le saignement, il aurait fallut que quelqu'un vienne m'aider...Mais je ne pouvais rien dire à personne.
Une heure plus tard ça a commencé à s'arrêter, soit 3 fois plus longtemps que d'habitude. Vers 4H du matin je me suis improvisé un pansement avec un mouchoir et du scotch spécial, j'étais épuisée mais tellement sous tension que je n'ai pas trouvé le sommeil avant 6H. Vers 11H je me suis réveillée, totalement épuisée des cauchemars qui m'avaient de nouveau assaillie. J'avais un sale goût dans la bouche (le sang?) et envie de pleurer. J'ai enlevé mon "pansement" et ai découvert l'ampleur des dégâts: déjà j'avais encore saigné durant la nuit, mais en plus le bout du mouchoir c'était bloqué dans la plaie! En faite, ce n'était pas qu'une simple coupure, mais c'était totalement arraché! Limite j'aurai eu le fil spécial, je me serais recousue. Parce que je sais ce que ça va donner dans le temps: ça va s'infecter et prendre une horrible couleur verte. Comme avant, sauf que ça ne saignait pas autant.

 
Ce qui c'est passé cette nuit m'a fait l'effet d'un électrochoc. Je n'y étais jamais allé aussi fort. Oui je sais ça ne ce voit pas sur les photos, mais c'est profond.
J'espère ne pas "y prendre goût", parce que je sais qu'avec le temps les mutilations sont de plus en plus profondes, de plus en plus violentes. Et ça me fait peur si je me tranche les veines et que je ne contrôle plus rien.
Ce truc là c'est aussi l'enfer, comme ceux des TCA. C'est différent évidement, ça soulage sur le moment mais après il faut le cacher, se soigner, éviter que ça s'infecte de trop, on en a honte même si ça nous rassure de voir les marques, même si ça nous permet de voir qu'on est réel de voir le sang couler...
C'est comme une drogue, et plus le temps passe plus on y va fort.
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