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J'ai 26 ans. Victime de viol à 14 ans, j'ai souffert d'anorexie mentale pendant 6 ans. Je me mutilais quasi quotidiennement. J'ai fais trois tentatives de suicide...Je suis guérie depuis trois ans. Ce blog est mon exutoire. Certaines photos peuvent choquer.Si vous vous reconnaissez dans certains de mes propos, je suis heureuse de pouvoir vous apporter un peu d'aide et de réconfort.

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S'accrocher

Ce qui me fait mal, c'est que ça s'est produit. C'est arrivé. J'ai eu beau me débattre de toutes mes forces, il l'a quand même fait. Et ça me fait effroyablement mal. J'ai l'impression d'être restée là-bas, et même si là je suis libre dans le présent, une part de moi est restée là-bas et continue de vivre ce drame. C'est terriblement douloureux et triste de ressentir ça. Mais je sais que la seule chose que je puisse faire pour me soulager un peu de cette horreur, c'est vivre le moment présent. Pas oublier, il n'est pas question d'oublier, et c'est impossible. Mais me rendre compte que je suis encore vivante. Le simple fait de respirer ou de toucher mon visage et me dire : « Je suis là ». Ce corps est le mien. On m'en a privé à un moment de ma vie, quelqu'un s'en est emparé avec violence. Mais je suis là. Je vais devoir vivre dans ce corps toute ma vie. Je vais devoir vivre avec ce drame toute ma vie. Je n'arrive pas à parler de « souvenir » parce que c'est encore bien trop présent aujourd'hui. Je n'arrive pas à dire : « Je me souviens de mon viol », parce que c'est un ressenti physique et mental si fort que ça ne peut pas être un souvenir ; c'est comme si je le vivais encore, mais plus éloigné de moi qu'avant. J'essaye de ne pas m'en vouloir de ressentir ça près de 10 ans plus tard. Ça ne sert à rien que je m'en veuille d'en souffrir encore, je ne pense pas qu'il y ait un délai pour marquer la fin d'une souffrance. Donc je l'accepte. Si je veux aller mieux, il faut que j'accepte de ressentir des choses qui sont ce qu'elles sont, parce que si je les ignore ou les combats, alors je repousse le problème encore et encore... et il ne s'en ira pas. Ce que je peux faire, c'est m'accorder le droit de ressentir cette chose qui me fait souffrir, d'écouter ce qu'elle a à me dire, sans me faire de mal physiquement, de l'accepter, puis de chercher à l'exprimer de façon à ce qu'elle ne me dévore pas. Les différentes choses que j'ai trouvées à faire sont : pleurer, écrire, faire du sport, me plonger dans le travail, sortir marcher, discuter avec mes proches. Ce que j'essaye de faire c'est exprimer cette douleur, la laisser sortir, pour pouvoir ensuite me replonger dans le présent.

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