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J'ai 26 ans. Victime de viol à 14 ans, j'ai souffert d'anorexie mentale pendant 6 ans. Je me mutilais quasi quotidiennement. J'ai fais trois tentatives de suicide...Je suis guérie depuis trois ans. Ce blog est mon exutoire. Certaines photos peuvent choquer.Si vous vous reconnaissez dans certains de mes propos, je suis heureuse de pouvoir vous apporter un peu d'aide et de réconfort.

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Mon père

Ma mère m'a demandé si j'aime mon père. Et bien, c'est mon père, donc je l'aime, mais peut-on aimer de manière rationnelle un homme qui ne s'est pas comporté comme il fallait avec vous ? C'est mon père, mais quand j'avais 11, 12, 13 ans il ne s'est pas comporté comme un père avec moi. Comment faire confiance à cet homme qui me touchait les fesses et la poitrine dans le couloir ? Cet homme qui est le premier à avoir posé sur moi un regard dégueulasse et froid ? Cet homme qui m'observait quand je passais devant lui en chemise de nuit, avec ce regard infecte qui m'obligeait à faire des détours pour ne pas le croiser ? Cet homme, toujours, qui m'a dit qu'il n'irait pas casser la gueule à ce connard qui m'a violée parce que: "C'est trop tard" ? Comment aimer un homme comme lui ? Cet homme froid, hypocrite, menteur, manipulateur, lâche, violent, égoïste, faux en tous points. Cet homme qui sait vous faire culpabiliser. Vous lui donnez la main, il vous arrache le bras. Mais c'est de votre faute, il est si malheureux, le pauvre, il travaille toute la semaine, et quand il rentre, personne n'est content de le voir. Je me rappelle d'un jour où il est entré dans ma chambre et refusait d'en sortir. Il a fallut que je me mette vraiment en colère pour qu'il dégage. Et tous les conflits qu'il a créés, les hurlements, les portes qui claquent, les objets qui volent et se brisent contre le mur... La violence, il croit que je l'ai oubliée ? "C'est pas parce que t'es mon père que tu peux faire ce que tu veux !", lui ai-je crié au visage. Et les fois où ça dérapait vraiment... Est-ce normal d'en arriver à donner des coups de pied dans les parties intimes de son père, pour qu'il lâche sa mère ? Plus vulgairement, pendant que je donnais des coups de pied dans les couilles de mon père, je pensais: "Mais ça ne marche pas !? P****, ça ne marche pas !!?". Ou encore, quand il faisait semblant de pleurer, pour nous faire culpabiliser, et que je voyais mon petit-frère se briser sous ce poids, mon père qui a repéré sa cible et qui le regarde en pleurant et le suppliant de se ranger de son côté: "Parce que je suis ton père !", ou alors: "C'est la faute de ta mère !", moi je ne peux pas laisser faire ça ! Alors je me mettais entre eux deux et j'intervenais. Je disais d'une voix froide pleine de rage retenue: "Acte trois scène deux: les pleurs". Alors mon père me regardait et comme il avait perdu sa concentration, il ne pleurait plus, alors ça l'énervait et quand je voyais qu'il commençait à bouillir, je mettais un bras autours des épaules de mon petit-frère, je le regardais sadiquement et je disais: "C'est quoi la suite de la scène ? Vas-y, continue, on attend". Et là j'arrêtais de sourire. Tout ça sans le lâcher des yeux. Et ça le perturbait tellement qu'il arrêtait son petit numéro. Puis j'entraînais mon petit-frère hors de la pièce. Je me rappelle aussi la fois où j'ai réussi à enfermer mon père dans la cave. Il hurlait et tentait de casser la porte... Ah, que de doux et chaleureux rapports avec mon père, que de bons moments partagés...

Donc maman, quand tu me demandes si j'aime mon père, je peux te répondre que oui, bien sûr, d'une certaine façon, juste parce que c'est mon père, mais je peux t'assurer que le jour de mon mariage, ce n'est pas lui qui me tiendra le bras jusqu'à l'hôtel, non, pas après tout ce qu'il nous a fait et m'a fait, et même s'il m'a demandé pardon à mon dernier anniversaire et écrit une carte avec ces mots: "Dans ta jeunesse, j'ai eu des tords, je ne me cherche pas d'excuses, j'ai eu tords. Et j'espère que tu me le pardonneras.", non, à mon mariage, la personne qui m'accompagnera jusqu'à l'hôtel, ce sera toi, maman.

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